dimanche 29 mars 2009

4 avril : Non à l’OTAN

A l’occasion du sommet 60ème anniversaire de l’OTAN qui se tiendra les 3 et 4 avril à Strasbourg, Nicolas Sarkozy se prépare à réaffirmer la réintégration de la France dans le commandement intégré de celle-ci.

Cette alignement atlantiste inacceptable témoigne d’un suivisme aveuglé vis-à-vis de la politique étrangère des Etats-Unis, dont la conception du monde basée sur le « choc des civilisations » a montré ses limites dans la période récente. Les logiques de guerre ont montré à quels désastres et à quelles tensions et crises elles conduisent que ce soit en Irak ou en Afghanistan. Il faut sortir d’urgence de la course aux armements, de la prolifération des armes de destruction massive, des politiques de force qui alimentent les conflits.

A l’inverse de ce que prévoient les traité de Lisbonne et de Maastricht, l’Europe et chacun de ses pays membres doivent agir pour un désarmement multilatéral et contrôlé concernant tous les types d’armes et notamment le nucléaire, pour le règlement politique des conflits dans le respect de la charte et des résolutions de l’ONU, pour favoriser les conditions économiques et sociales d’une sécurité humaine fondée sur la justice, l’égalité, la solidarité, la réponse aux attentes sociales, en particulier pour les pays les moins avancés.

La démilitarisation des relations internationales est une exigence fondamentale pour l’avenir, pour un monde de paix.

La fédération du Nord du PCF soutient la manifestation nationale qui aura lieu à Strasbourg pour refuser cette dérive atlantiste des relations internationales. Elle organise avec le mouvement jeunes communistes un départ en bus depuis Lille le 4 avril (renseignements et inscription : 03 20 63 08 08).

Par ailleurs, elle appelle à un rassemblement unitaire des organisations, associations et syndicats progressistes et pacifistes à Lille le 4 avril à 14h place de la République pour dénoncer l’alignement de la politique étrangère française derrière l’OTAN, en écho à la manifestation de Strasbourg.

Réunion importante de la Section de Villeneuve d'Ascq

Cher(e) Camarade,

Entre le 4 et le 7 juin prochain, les peuples d’Europe voteront pour élire leurs députés européens. L’Europe aujourd’hui, c’est 25 millions de chômeurs et la mise en concurrence des salariés. C’est aussi, des menaces contre les services publics de l’énergie, de la santé, de la poste, des transports et de l’éducation.

Il faut changer d’Europe en substituant à la concurrence, des logiques de coopération, de convergences salariales, fiscales, sociales et écologiques.


Notre Parti, avec le Parti de Gauche et le courant unitaire du NPA, a initié un large Front de Gauche pour changer d’Europe. Ce Front de Gauche présente aux élections européennes du 7 juin prochain, une liste de large rassemblement conduite par notre camarade Jacky Henin, député européen sortant.

Nous organisons le jeudi 2 avril à 19h 30, à la salle de l’âge d’Or à Annappes, une réunion de débat et de vote sur la liste proposée par le Front de Gauche pour notre circonscription, qui s’étend de la Seine Maritime au Nord-Pas-de-Calais.

Nous avons aussi invité des représentants du PG de Lille-Villeneuve d’Ascq dans le but d’organiser une intervention commune.

Tu trouveras donc ci-joint la liste, et un bulletin de vote.Il est possible de voter jeudi 2 avril lors de notre réunion ou par correspondance avant le vendredi 3 avril en envoyant ton bulletin à : Section du PCF, 164, rue Charles Le Bon 59650 Villeneuve d’Ascq

Liste du Front de Gauche conduite par Jacky Hénin

1-Jacky Hénin (PCF), 62
2-Michèle Ernis ( GU), 76 3-Alain Bocquet (PCF), 59 4-Laurence Sauvage (PG), 62 5-Frédéric Alliot (PG), 02 6-Nathalie Nail ( PCF), 76 7-Antonio De Almeida, délégué européen de Renault 8- Alice Albertini ( PCF), 27 9-René Lognon ( PCF), 80 10-Viviane Simon ( PG), 76 11-Jean-Pierre Masson (PG), 59 12- Nathalie Le Dentu (PCF), 61 13-Loïc Pen , Président du comité de défense de l’Hôpital de Creil 14-Françoise Podeur-Rayon (PG), 50 15-Nicolas Benies, professeur d’économie, responsable syndical 16- Fatima Belfquih ( PCF), 60 17-Gérard Leneveu (PCF), 14 18- PG 19- Jean-Luc Lanouilh ( PCF), 02 20-Michèle Demessine ( PCF), 59

Sigles. PG : Parti de Gauche dirigé par Jean-Luc Mélenchon ; GU : Gauche unitaire, tendance du NPA dirigé par Besancenot

Dominique Lecomte

mardi 24 mars 2009

Dieudonné à Villeneuve d'Ascq: communiqué de presse


Pendant que certains, à Villeneuve d’Ascq, font la promotion du
négationnisme, les organisations soussignées appellent leurs militants, leurs sympathisants et l’ensemble de la population attachée aux libertés et à la vérité historique à participer massivement à la 65ième commémoration annuelle du massacre d’Ascq de la nuit des Rameaux 1944. Rendez-vous leur est donné le samedi 4 avril à 21 h, place Jean Roques et/ou le dimanche 5 avril à 10 h 45, rue du Chemin Vert à Ascq.



Rassemblement Citoyen – Villeneuve d’Ascq,
Les Verts – Villeneuve d’Ascq, Parti Communiste Français – Villeneuve d’Ascq, SGEN – CFDT – Lille 1, SNESup – Lille 1, Parti Socialiste – Section de Villeneuve d’Ascq, Parti de Gauche – Comité de Lille – Villeneuve d’Ascq, SNPREES – FO, SNPTES – UNSA Nord-Artois

Les nouvelles créatures de Bolkestein

Le Parlement européen avait cru enterrer le plus dangereux de la directive Bolkestein. Croix de bois, croix de fer… On nous l’avait promis. Mais à la faveur d’obscurs jugements, la Commission européenne exhume les passages les plus néfastes de ce texte et les légitime au nom de la « concurrence libre et non faussée » qui reste le dogme du traité de Lisbonne, en dépit des votes des peuples français, néerlandais et irlandais. Même la crise et les ravages semés par ce libéralisme effréné n’ébranlent pas ce petit cénacle qui piétine sans remord l’expression démocratique des peuples européens. Les élus de la GUE au Parlement de Strasbourg, les parlementaires communistes et les candidats du Front de gauche viennent de porter au grand jour le procédé oblique par lequel Manuel Barroso et ses pairs ressuscitent cette directive. Ils sont en cela les porte-parole d’associations et de syndicats qui ont débusqué l’affaire, nichée dans des commentaires de jugements.

Le premier péril pèse sur les « services sociaux d’intérêt général » relatifs notamment au logement social, la garde des enfants, l’aide aux personnes. Exclus du champ de cette directive, ils y sont replongés par une communication de la Commission qui décrète qu’ils « relèvent désormais des règles régissant le marché intérieur et la concurrence ». C’est la logique du privé et du moindre coût qui s’emparerait de secteurs vitaux pour les familles modestes. De même, pour imposer le dumping social dans les frontières de l’UE, le statut de « société privée européenne » (SPE) vient d’être inventé pour, comme le note la Confédération européenne des syndicats, se soustraire aux législations les plus protectrices des travailleurs grâce aux statuts de la SPE. Même l’interdiction de détacher des travailleurs à prix cassé est mise en cause par les commissaires !

Nul doute que les manifestations européennes de salariés prévues en mai auront ces sujets à l’ordre du jour. Les élections européennes dans lesquelles s’engagent les principales forces politiques seront aussi une échéance de première importance. En effet, qui portera à la connaissance du public les mauvais coups fomentés dans le huis clos des cabinets bruxellois ? Les syndicats européens pourront-ils compter sur des députés résolus à les défendre et à devenir leurs relais jusque dans l’Hémicycle, par exemple contre la directive sur le temps de travail qui étend à toute l’UE l’opt out britannique autorisant jusqu’à 65 heures de travail hebdomadaires ? En face des deux grands partis qui dominent les institutions de l’Union européenne, les conservateurs du PPE et les sociaux-libéraux du PSE, il faut bien autre chose qu’un Daniel Cohn-Bendit, désormais converti au libéralisme, ou un François Bayrou, qui s’est aligné sur la Commission sur la plupart des grands dossiers, pour faire entendre la voix des salariés. Les députés de la Gauche unitaire ont su le faire durant ces dernières années. Les candidats du Front de gauche veulent poursuivre l’élan du « non » au référendum et changer l’Europe. Le retour de la directive Bolkestein montre qu’ils auront du pain sur la planche…

Patrick Apel-Muller Edito de l'Humanité

samedi 21 mars 2009

Vers la création d'une AMAP à Tressin

Des camarades de notre Section étaient présents lors de la première réunion de présentation du projet de création d'une AMAP ( Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) à Tressin.

Rappelons en quelques mots les objectifs d'une AMAP:

-Consommer des produits sains issus de l'agriculture locale en diminuant dans le même temps les transports coûteux et polluants

-Créer des liens de solidarité avec un exploitant par l'achat régulier d'un panier de légumes de façon à lui assurer un revenu convenable

-Assurer un développement économique et écologique des petites communes rurales

La commune de Tressin est proche de la nôtre et de ce fait cette AMAP pourrait intéresser les villeneuvois lassés d'empiler dans leur chariot hebdomadaire des produits médiocres et parfois inutiles....

Manger de bons légumes tout en luttant contre le capitalisme, voilà un programme vert et vitaminé qui concerne aussi les communistes!

Pour plus d'informations: Blog de l'AMAP de Tressin

DL

jeudi 19 mars 2009

Nous étions 3 millions dans la rue!

L’intransigeance du gouvernement n’a pas découragé le mouvement social. Bien au contraire ! Celui de Nicolas Srkozy devra revoir son attitude, à l’issue d’une journée de mobilisation sans précédent depuis l’élection du chef de l’Etat.

La marée monte, la colère gronde. Toute la journée, mails et coups de téléphone ont afflué à la rédaction de l’Humanité. « Bien mieux, plus nombreux que le 29 janvier » de Bretagne ou d’Auvergne, du Nord à Saint-Denis de la Réunion, le même constat, la même mesure. La mobilisation populaire, loin de s’épuiser face un président et un gouvernement lui opposant morgue et mépris affiché, s’est renforcée, s’est élargie à de nouveaux secteurs sociaux professionnels.

Les chiffres s’égrènent. Tous confirment la même tendance. Dans la matinée, la manifestation marseillaise établit un record : la barre des trois cent mille manifestants est franchie. Plus au nord, Grenoble affiche 60 000 manifestants, dans l’après-midi d’autres chiffres record s’alignent 75 000 à Nantes, 50 000 au Mans….. Dans la capitale, 350.000 Franciliens envahissent l’espace entre la République et la Nation. Dans les états-majors syndicaux, les calculettes s’affolent, le cap des trois millions de manifestants est en vue… Il sera atteint.

Les travailleurs du privé ont bravé en plus grand nombre la pression patronale, donnant aux immenses cortèges des manifestations une tonalité nouvelle. Lors des grandes grèves de 1995, les cheminots étaient soutenus par tout le monde du travail, qui « faisait grève par procuration ». Ce phénomène s’est répété depuis à plusieurs reprises. Jeudi, au contraire, tout se passait comme si chacun tenait à prendre sa place dans le mouvement. C’est seulement à ce prix que les salariés pourront établir un rapport de force qui fasse reculer l’intransigeance du couple Sarkozy-Parisot. Il faut dire que les travailleurs du secteur privé sont durement frappés pour permettre de maintenir à flot, par temps de crise, la grosse part du gâteau aux actionnaires, de garantir le pactole de stock options des hauts dirigeants et les parachutes en or des patrons déchus.

Dans les rues de Compiègne, qui a connu sa plus puissante manifestation de mémoire de syndicaliste, les ouvriers de Continental ont été accueillis par une haie d’honneur. Victimes d’un chantage à l’emploi, qui les a conduits à subir une augmentation gratuite du temps de travail pendant deux ans, ils ont appris que leur patron, le groupe allemand Schaeffler va fermer l’usine pourtant bénéficiaire. Des millions de salariés se reconnaissent dans le combat des « Continental » dans la colère contre le scandale des licenciements « boursiers »

Ils sont descendus dans la rue, les ouvriers de Caterpillar, de la région grenobloise, que cette société multinationale (production d’engins de chantier) veut liquider. Ceux de Rhodia, de Sanofi, les travailleurs de l’automobile, mais dans chaque rassemblement, dans les villes les plus modestes, où l’on a manifesté aussi en plus grand nombre, les banderoles des syndicats des entreprises locales côtoient celles des enseignants, des travailleurs de la santé. Et dans les rangs des manifestants, des hommes et des femmes participent à leur première manif, n’imaginaient même pas devoir un jour battre le pavé contre l’injustice sociale. Combien sont-ils ces primo-manifestants, clercs de notaires, secrétaires dans des PME qui, faute de disposer d’une force syndicale, ont posé des RTT pour aller manifester ? Les sondages indiquent, les uns après les autres, que la majorité des Français soutiennent les manifestations contre la politique du gouvernement et, pour beaucoup, sont prêts à y participer. Une tendance qui va crescendo, le dernier en date, de l’IFOP, estimait à la veille du 19 mars que la journée de mobilisation était soutenue par 78 % des Français. La journée de jeudi a confirmé cette évaluation.

L’unité syndicale, réaffirmée, a puissamment contribué à la dynamique. Ils se rencontrent dès vendredi à onze heures pour déterminer la suite du mouvement. Les responsables des confédérations auront analysé les réactions du gouvernement, dont l’intransigeance face aux revendications salariales n’a guère découragé le mouvement social, bien au contraire. Le soutien affirmé de la gauche affirmée dans un texte commun a aussi contribué à cette dynamique. Fait nouveau, ces manifestations ont été l’occasion d’une présence remarquée du Front de gauche crée à l’initiative du PCF et du Parti de Gauche.

Jean-Paul Piérot, site Huma

mardi 17 mars 2009

Meeting du Front de Gauche à Lille

Grand succès pour le meeting du Front de Gauche, samedi après-midi, au Zénith de Lille.

Plus de 1 500 militants du PCF, du Parti de Gauche, de la Gauche Unitaire (le courant unitaire du NPA) ainsi que de nombreux syndicalistes de l'automobile, de l'hôpital ou de l'Education Nationale étaient rassemblés dans la salle du Zénith.

Fabien ROUSSEL, membre du secrétariat fédéral de la Fédération PCF 59 et Eric CORBEAUX, premier secrétaire fédéral de la Fédération PCF du Nord ont donné la parole à des syndicalistes venus de tous les horizons comme le représentant syndical CGT de Faurecia Auchel invité à venir lire une déclaration demandant à ce qu'on « prenne une loi pour empêcher de faire fermer les boîtes ! », mais aussi Fabien PAVOT, Secrétaire Départemental CGT Poste et Télécommunication, Loïc PENNE, médecin urgentiste, Antonio DE ALMEIDA, Délégué européen CGT de Renault Cléon ou encore Eric FELINI, membre du comité central du groupe TOTAL.

Le Front de Gauche est soutenu par de nombreuses forces dans toute l'Europe. Présent samedi, Giorgos KARATSIOUBANIS, membre du Conseil Central du Neolaia Synaspimo est revenu sur la lutte exemplaire de la jeunesse grecque. Brian CARTHY, représentant du Sinn Fein au Parlement européen a dénoncé les manoeuvres du gouvernement irlandais pour contourner le vote Non du peuple irlandais lors du référendum sur le Traité de Lisbonne. En Irlande comme en France, les élites politiques libérales construisent l'Europe contre la souveraineté populaire.

Ce fut ensuite autour de Michelle ERNIS, conseillère municipale normande du NPA de prendre la parole pour expliquer le sens de l'engagement de la Gauche Unitaire, le courant unitaire du NPA dirigé par Christian Picquet au sein du Front de Gauche. Regrettant l'attitude d'isolement d'Olivier Besancenot et du NPA, Michelle Ernis a appelé le NPA à rejoindre le Front de Gauche.

Marc DOLEZ, député du Parti de Gauche de Douai, fustigeant le ralliement de la social-démocratie au traité de Lisbonne a appelé à la levée d'une "dynamique citoyenne comparable à celle de 2005 en faveur du seul vote utile pour proposer et s'opposer au libéralisme."

Alain BOCQUET, député-maire PCF de Saint-Amand-les-Eaux, a souligné l'urgence d'une loi pour interdire les licenciements boursiers avant de lancer un appel à "tous les électeurs, quel qu'ait été leur vote au référendum de 2005 pour faire reculer les choix libéraux."

Pour terminer, Jacky HENIN a mis en garde la foule présente au Zénith : "N'écoutez pas ceux qui vous disent que ces élections et le parlement européen ne servent à rien. Le problème du parlement européen, ce n'est pas ses pouvoirs, c'est qu'il se trouve en son sein une majorité de députés pour voter les directives libérales."

Offensif, Jacky Hénin a été longuement applaudi par les militants communistes, du Parti de Gauche, du NPA et les syndicalistes présents dans la salle.

Porté par une forte dynamique de rassemblement, le Front de Gauche est en marche pour faire réélire Jacky Hénin et pourquoi pas, gagner un deuxième siège de député dans la grande région Nord-Ouest.

Aux côtés des syndicalistes et des militants du mouvement social, les communistes seront dans les luttes le 19 mars prochain avec l'ambition de faire au moins aussi bien que le 29 janvier dernier, mais pour la première fois, avec le Front de Gauche, les salariés qui luttent auront un débouché politique porteur d'espoir. Le rassemblement de toute la gauche de la gauche avec le Parti Communiste dans le Front de Gauche peut faire bouger les lignes en France et en Europe.

Samedi soir, c'est toute la foule présente au Zénith de Lille qui partageait ce même espoir.

D'après le blog de David Noël, PCF Hénin-Beaumont

lundi 16 mars 2009

Salvador : le candidat de la gauche, Mauricio Funes, élu président


Son élection met fin à vingt années d’hégémonie de la droite dans ce petit pays d’Amérique centrale.

"Je suis le président élu de tous les Salvadoriens", a déclaré le candidat de l’ex-rébellion armée du Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN), vaincue en 1992, grâce à l’appui de Washington, après une guerre civile de douze ans qui a fait 75.000 morts.

Selon des résultats quasi-définitifs - 92% des bulletins dépouillés -, cet ancien journaliste vedette de la télévision, âgé de 49 ans, l’emporte avec 51,2% des voix, contre 48,7% au candidat du parti conservateur au pouvoir, Rodrigo Avila, qui a reconnu sa défaite.

Mauricio Funes s’est présenté comme "le vrai président de la vraie reconstruction du pays, qui commence par la reconstruction des personnes". Il succède à Elias Antonio Saca, qui ne pouvait pas se représenter car la Constitution interdit de faire deux mandats successifs.

Son élection a été célébrée par des milliers de ses partisans, surtout des jeunes, dans les rues des grandes villes de ce pays d’un peu moins de 6 millions d’habitants.

"Le Salvador est à l’aube d’une nouvelle ère de changement", a déclaré un tribun sous les applaudissements de la foule vêtue de rouge, la couleur du parti de M. Funes, lors d’un rassemblement organisé à quelques encablures de la résidence présidentielle.

Le président vénézuélien de gauche Hugo Chavez, qui se veut le chef de file de la gauche radicale latino-américaine, a salué la victoire "incontestable du courageux journaliste Mauricio Funes", qui "consolide la vague de fond historique qui s’est levée dans toute l’Amérique latine et dans les Caraïbes dans cette première décennie du XXIe siècle."

Des parlementaires américains avaient évoqué des "menaces potentielles" pour les "intérêts de sécurité nationale" dans le cas d’une victoire de l’ancienne rébellion, mais le responsable du Département d’Etat pour l’Amérique latine, Tom Shannon, avait annoncé que Washington respecterait le résultat du scrutin et travaillerait avec le vainqueur, quel qu’il soit.

Depuis l’intervention décisive de Washington contre la guérilla, le Salvador est "américanisé", avec une économie "dollarisée" au sens propre du terme, puisque le billet vert est la monnaie nationale.

Le Salvador, qui vient de rapatrier d’Irak son contingent de 200 militaires, a aussi été le seul pays d’Amérique latine à y être resté jusqu’à la fin du mandat de l’ONU, le 31 décembre.

M. Fuentes sera investi à la présidence le 1er juin prochain. Il ne pourra pas gouverner seul car le FMLN n’a pas la majorité absolue au parlement malgré sa victoire aux législatives de janvier. Il devra donc composer en nouant des alliances avec les partis minoritaires, comme le faisait déjà M. Saca.


Carlos Mauricio Funes, fort d’une popularité acquise comme journaliste vedette comme journaliste de la chaîne de télévision américaine CNN en espagnol, a détrôné dimanche la droite au pouvoir au Salvador depuis 20 ans.Cet homme de 49 ans portait dans ce scrutin les couleurs de l’ancienne rébellion du Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN). En 1992, le gouvernement conservateur du Salvador n’en était venu à bout qu’avec l’aide des Etats-Unis.

Pendant la guerre civile déclenchée en 1980 qui allait faire 75.000 morts jusqu’en 1992, dont son frère aîné Roberto, tué par la police, il avait bravé le gouvernement conservateur en interviewant ses ennemis, les dirigeants du FMLN, dont il allait rejoindre les rangs plus tard.

Funes, qui se définit comme un homme à la "pensée de gauche", a été élu avec comme vice-président l’ex-commandant Salvador Sanchez Ceren, 64 ans, un ancien enseignant devenu aussi un des chefs militaires historiques de la guérilla, avant d’en diriger la branche législative.

Mauricio Funes, né le 18 octobre 1959, a épousé en secondes noces Wanda Pignato, militante brésilienne du Parti des travailleurs du Brésil pour l’Amérique centrale, et il est père de cinq enfants.

L’un d’eux, Alejandro, a été assassiné en octobre 2007 à Paris, où il étudiait la photographie.

Site Huma

jeudi 12 mars 2009

Message d'Evo Morales au Front de Gauche

Depuis la Présidence de la Bolivie, permettez-mois de vous envoyer un salut très cordial, affectueux et solidaire à l’occasion de votre réunion de ce 8 mars, jour des femmes. Une date très opportune pour promouvoir un projet d’unité de la gauche

L’Humanité est confrontée au changement climatique et à une crise financière qui nous obligent plus que jamais, nous révolutionnaires du monde, à nous unis pour affronter le capitalisme. C’est pourquoi nous nous réjouissions d’apprendre que vous vous avez formé un Front de Gauche afin d’additionner vos forces contre le capitalisme à l’occasion des prochaines élections européennes. Notre parti, le Mouvement au Socialisme – Instrument pour la Souveraineté des Peuples (MAS-IPSP) a uni les secteurs politiques de gauche et les organisations indiennes, ce qui nous a permis d’accéder au gouvernement. Nous travaillons tous pour changer la mentalité sectaire, et ainsi substituer le capitalisme qui règne en maître.

Nous savons que vous tous vous êtes mobilisés pour les mêmes causes pour lesquelles nous luttons ici, et que vous avez été solidaires de nos luttes. Comme nous, vous luttez contre la directive du retour de immigrés, -appelée la directive de la honte-, qui soumet nos compatriotes aux humiliations, et qui est une honte pour l’Europe ; nous luttons ensemble contre le pillage de nos richesses et contre la privatisation des services publics dans le monde entier. En Bolivie, notre Constitution établit que l’accès à l’eau et aux services publics essentiels est reconnu comme un droit humain.

Vous êtes, comme nous, engagés contre la signature de traités de libre-échange entre l’Union européenne et les pays en développement, qui signifient le prolongement du colonialisme sous de nouvelles formes. Nous sommes engagés en faveur de l’établissement de relations internationales entre les peuples fondées sur la coopération, la solidarité et la complémentarité. Comme nous, vous luttez pour le respect de la ”Tierra Madre” et pour le respect de l’environnement. Afin que les travailleurs des campagnes et des villes de nos pays puissent “VIVRE BIEN”, en harmonie avec tous les êtres humains et avec la nature.

Voici quelques exemples des causes pour lesquels nous luttons ensemble et pour lesquels nous devons renforcer notre coopération.

Nous avons besoin d’une gauche européenne forte, pour le bien de l’Humanité.

Nous vous souhaitons une réunion fructueuse, une campagne efficace et d’excellents résultats électoraux le 7 Juin prochain.

Evo Morales Ayma

Président de la Bolivie Etat plurinational communautaire

mercredi 11 mars 2009

Total scandale

Le groupe Total a annoncé une restructuration en France de ses activités de raffinage et pétrochimie, qui va entraîner 555 suppressions de postes d’ici 2013, une situation scandaleuse au regard des bénéfices record de l’entreprise.

Le Havre paye l’addition : 383 des 555 postes supprimés sont situés dans ce bassin d’emploi où le groupe pétrolier restructure brutalement sa production excédentaire en essence.

Un coup dur pour un bassin d’emploi déjà fracassé. Dans la zone industrielle du Havre, Total va supprimer 199 postes à la raffinerie et 130 au complexe pétrochimique de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime). Et l’usine de butanol de Notre-Dame-de-Gravenchon va fermer. La direction parle de 385 postes supprimés dans le secteur. Ce qui, puisque les installations fonctionnent en continu, se traduirait par la disparition de 450 emplois. Syndicats et institutions se doutaient qu’il se tramait quelque chose chez Total. Car le véritable souci, l’inadéquation de l’outil de production, n’est pas nouveau.

Le problème des installations du groupe dans la région est structurel, et fort simple. La raffinerie de Gonfreville produit surtout de l’essence à destination du marché américain, alors que les voitures françaises consomment à 78 % du gazole. « Total aurait pu prendre le temps de transformer son activité. Mais la médiatisation de la crise est l’occasion rêvée pour rééquilibrer la production à toute vitesse, puisque le marché américain s’est cassé la figure », tacle un responsable des questions industrielles à la chambre de commerce et d’industrie du Havre. La preuve : près de 770 millions, sur 1 milliard d’euros d’investissement annoncé, serviraient à recentrer la fabrication sur le gazole. Même son de cloche à la Direction régional de l’industrie, où l’on se prépare à faire part à la direction du déplaisir « d’avoir obtenu confirmation des suppressions de postes par voie de presse ».

« On s’attendait à quelque chose », acquiesce Christian Votte, délégué CGT (majoritaire) à la raffinerie de Gonfreville-l’Orcher. Pour le cégétiste, l’objectif est également de « diminuer la production à marche forcée, le temps que le marché de l’automobile reparte ». Mais, en attendant, la fermeture de deux très grosses unités, un craqueur et une distillation, est « un choc pour les salariés ». Et hier matin, une heure de débrayage a été organisée.

En face de la raffinerie, le complexe pétrochimique est également en ébullition. « On a déjà subi une restructuration il y a trois ans, cela commence à faire beaucoup », lâche Chantal Andrieu, de la CFDT. Elle s’interroge : « Quid des 75 à 80 intérimaires du site ? » Alain Loisel (CFDT) détaille : « Dans le complexe, une des deux lignes de production de polystyrène et une des deux lignes de production de polyéthylène vont fermer. Les usines sous-traitantes vont forcément être touchées, comme la boîte belge KTN, qui s’occupe de la mise en sacs des granulés de polyéthylène. »

Enfin, à Notre-Dame-de-Gravenchon, Total justifie la fermeture du site par la fin de son contrat avec Arkema. « Cela ne tient pas, Total avait moyen de renégocier avec Arkhema », s’énerve Sylvain Donnot, délégué CGT. D’autant qu’Arkema, créé en 2004, est issu lui-même du groupe Total… Hier, un dépôt de gerbe avait lieu avec des élus devant l’usine, pour commémorer d’avance la mort de l’usine, qui compte 54 salariés, auxquels se rajoutent 150 emplois induits.

Mehdi Fikri Site Huma

dimanche 8 mars 2009

Succès du meeting du Front de Gauche à Paris!

Front de Gauche pour changer d’Europe - Grand Meeting du 8 mars au Zénith de Paris - 14h30

Le « Front de Gauche pour changer d’Europe », initié par le Parti communiste français et le Parti de gauche, organise dimanche 8 mars, dès 14H00, au Zénith un grand meeting de lancement de la campagne des élections européennes, (Métro Porte de Pantin)

Aux côtés de Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon, de Patrick Le Hyaric et Raquel Garido interviendront de nombreuses personnalités du mouvement social, du monde des arts et de la culture : Gisèle Halimi, Didier le Reste, Robert Guédiguian, Rose-May Rousseau-Saxemard, Safia Lebdi, Antonio de Almeida, Hélène Franco, Félicien Gerant du LKP...

Retransmission du meeting à partir de 14h 30 sur : Front de Gauche ou sur Public Sénat ( dés 16h 25)

vendredi 6 mars 2009

La crise expliquée en quelques lignes...

En quelques lignes, Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d'économie (2001), a tout dit.

Que se passera-t-il une fois passé le gros de la tempête actuelle ? Les pays touchés connaîtront-ils une vraie reprise ?

« Je crains qu'on ne se dirige vers une situation de malaise à la japonaise, indique M. Stiglitz. Parce qu'il persiste des problèmes fondamentaux, en particulier celui des inégalités. Les inégalités ne sont pas seulement un problème social mais aussi un problème de flux économiques : ceux qui pourraient dépenser de l'argent n'en ont pas et ceux qui en ont ne le dépensent pas. La façon dont nous avons « réglé » le problème ces dernières années était de permettre à ceux qui sont en bas de l'échelle d'emprunter toujours plus, mais ce système n'était pas viable. Aujourd'hui ce modèle s'est effondré, mais nous n'avons pas de solution de rechange sur le plan économique. Nous n'avons pas de nouveau modèle qui permettrait à l'économie de se développer de manière robuste et véritablement durable. »

Extrait du site PCF Arcachon

jeudi 5 mars 2009

Mauvaises fortunes à La Redoute et aux 3 Suisses

Dans les rues de Roubaix, les salariés menacés de licenciements chez les géants de la vente à distance essaient de traduire « pwofitasyon » en ch’timi.

Après l’outre-mer, c’est au tour des communes proches de l’outre-Quiévrain de se lever contre la « profitation ». De la gare aux Archives du monde du travail, en passant par la mairie, Roubaix a été hier matin le théâtre de ce qu’il faut bien appeler désormais un « liannage », une manifestation au pluriel, rassemblant des parcours parallèles et des identités différentes, unis par une même exigence : que les profits soient mieux partagés et que l’addition de la crise ne soit pas systématiquement présentée aux salariés. Ensemble, au coude-à-coude, 500 à 600 petites mains des deux géants concurrents de la vente à distance (VAD), La Redoute et Les 3 Suisses, rivaux pour les dividendes (100 millions dilapidés pour La Redoute, 50 millions pour les 3 Suisses) et les fortunes de leurs principaux actionnaires (la famille Mulliez, première fortune de France, aux 3 Suisses et François Pinault, septième, à La Redoute), copains comme cochons dans les restructurations, des « plans de relance », comme osent les qualifier goguenards les stratèges de la com des deux groupes (- 672 emplois à La Redoute et - 674 aux 3 Suisses). « La Guadeloupe, c’est à nous aussi », revendiquent explicitement les manifestants de Roubaix - certains arborent un badge de soutien au LKP et d’autres invitent à suivre l’exemple des DOM dans leurs slogans. « Eux y s’in foutent plein les poches ; nouz aut’, in serre eul cheinture », synthétise dans le créole local un autocollant de la CFDT.

Les actionnaires s’autoaugmentent

« En 2007, Les 3 Suisses ont versé 51 milliards de dividendes à leurs actionnaires », s’époumone devant la petite foule Fatiha Bouzaoui, secrétaire CGT du comité d’entreprise. Avant de se reprendre : « Non, ce sont des millions, il y a tellement d’argent qu’on s’y perd et ce qui est sûr, c’est que, tous les ans, les actionnaires s’autoaugmentent. Dans le même temps, après avoir déjà détruit 400 emplois ces dernières années, la direction veut en supprimer 674

de plus, soit 20 % des effectifs… » Délégué SUD à La Redoute, Grégory Caron fait observer : « Avec les dizaines de millions d’euros de dividendes qu’on verse chaque année aux Mulliez et à Pinault, on peut vraiment dire que tout le monde ne connaît pas la crise. » Jean-Christophe Leroy, représentant CGT à La Redoute, dénonce des « milliardaires qui font fortune sur notre dos, avec nos muscles et grâce à notre sueur ». Alors que les Verts, le NPA et LO défilent aussi aux côtés des salariés de la VAD, la sénatrice Michèle Demessine, venue en soutien avec une bonne délégation d’élus et de militants PCF, pointe des « projets qui étaient déjà dans les tiroirs avant la crise.Les entreprises tentent de faire payer leurs plans de modernisation aux seuls salariés, en visant notamment les plus âgés. Mais ça va se corser car l’opinion publique accepte de moins en moins les conséquences de ce système. »

« Pour ceux de la Bourse ! »

Dans le cortège, un groupe de femmes, employées au traitement des commandes à La Redoute, un secteur en phase d’externalisation, hurle son écoeurement. « J’ai travaillé trente-cinq ans dans cette boîte et tout ce qu’on me propose pour le transfert, c’est une prime de 8 000 euros, déplore l’une d’elles. On nous coupe de l’entreprise, on se sent vraiment comme des pestiférées. Pendant des années, on s’est formées, tout ce savoir-faire va disparaître pour épargner des clopinettes, alors qu’on dépense sans compter pour ceux de la Bourse ! » Un peu plus loin, d’autres femmes, salariées à la comptabilité des 3 Suisses, crient leur dégoût : « Dans notre service, il va y avoir 10 postes supprimés sur 70, mais si on écoute la direction, ça va se passer dans le meilleur des mondes, avec 100 % de reclassements, rapporte Valérie. Mais plus personne n’y croit. On nous parle d’un déficit de l’entreprise, mais c’est facile de présenter des mauvais comptes quand on veut donner zéro en intéressement aux salariés ou qu’on veut en virer des centaines. De l’argent, il y en a, mais jamais ça ne finit dans nos poches. »

Thomas Lemahieu site Huma

mercredi 4 mars 2009

Lisons la presse bourgeoise !

J'ai piqué sur le blog de David Noël , secrétaire de la Section du PCF d'Hénin, cet article sur le PC japonais qu'il a lui même tiré du site de l'Express:

La précarité croissante et le choc de la crise amènent de nombreux jeunes à rejoindre un Parti communiste en plein réveil. Va-t-il percer dans les urnes ?

L'année dernière aura été un excellent cru pour le Parti communiste japonais (PCJ) ; 2009, année électorale, s'annonce du même tonneau.
Dans le quartier tokyoïte de Yoyogi, le pavillon rouge flotte avec fierté au sommet du siège gris de cette formation née un jour de juillet 1922. Chaque mois, depuis septembre 2007, le Parti enregistre une moyenne de 1 000 nouveaux adhérents, souvent jeunes. Il en compte désormais 415 000 : en dehors des pays où les communistes sont au pouvoir, le PCJ est l'un des plus importants au monde.

Karl Marx, version manga !
Dans l'archipel, l'atmosphère fleure bon les idéaux de gauche. Ainsi, la réédition en août dernier d'un ouvrage de 1929, Kanikosen, le bateau-usine de pêche au crabe, a déjà séduit 500 000 lecteurs; un jeune militant communiste, Takiji Kobayashi, y décrit les conditions de travail et la mutinerie de marins de ce bâtiment, en mer d'Okhotsk. Une version manga a été publiée, elle aussi avec bonheur. Idem pour celle du Capital de Karl Marx, parue le 15 décembre. Même la télévision s'y met. La chaîne privée Nihon Telebi diffuse tous les samedis soir un épisode de la série Zenigeba, la puissance de l'argent. Inspirée d'un manga de 1970, elle relate l'ascension sociale d'un jeune homme pauvre et confronté à "la société pervertie par l'argent, qui a perdu l'idée même du bonheur", dixit le producteur de la série, Hidehiro Kawano. Est-ce une simple mode? Peu probable. Pour des millions de Japonais, le quotidien est marqué par la précarisation des conditions de travail, la bipolarisation de la société et, de plus en plus, l'impact d'une crise violente. Taro Tanaka*, 28 ans, a adhéré en janvier au Parti communiste japonais, après une expérience professionnelle douloureuse. Sans diplôme, le jeune homme vendait des abonnements au porte-à-porte pour une filiale du groupe de presse Yomiuri. "Je travaillais douze à treize heures par jour, explique-t-il. Chaque abonnement me rapportait entre 1 500 et 3 500 yens [entre 13 et 30 euros]". Sans salaire fixe, il ne vivait que des commissions. Or, avec la crise et la concurrence d'Internet, difficile d'obtenir de nouveaux lecteurs: "En deux mois, j'ai perdu 10 kilos parce que je n'avais pas de quoi manger." Quand il rentre bredouille, il se fait traiter d'incapable par ses chefs : "Parfois, ils m'ont frappé." Epuisé, il veut démissionner. Refus du patron. Il décide alors de fuir. D'abord hébergé dans le foyer où l'entreprise loge ses commerciaux, il se retrouve ensuite à la rue.
"Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux"
Son histoire n'a rien d'exceptionnel. "Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux, constate Tadayoshi Ichida, chef du secrétariat du comité central du PCJ. En 2008, le nombre de personnes gagnant moins de 2 millions de yens par an [17 400 euros], soit la moitié du salaire médian, a dépassé les 10 millions." Depuis le début des années 2000, les gouvernements successifs, notamment celui du Premier ministre Junichiro Koizumi, dérégulent à tout va le marché du travail. Résultat, le Japon compte 34,5% de travailleurs temporaires, contre 23,8 en 1998. Ces actifs, intérimaires, contractuels ou à temps partiel, peinent à gagner leur vie: "En moyenne, leur salaire horaire équivaut à 60% de celui d'un salarié en CDI", précise Kazuya Ogura, de l'Institut japonais pour la politique du travail et la formation. L'assurance-chômage, les cotisations de retraite ou de sécurité sociale sont à leur charge. Peu ont les moyens de les payer. Surtout, en période de crise, ils sont les premiers à la rue. Selon les prévisions, environ 400 000 pourraient avoir perdu leur emploi entre octobre 2008 et mars 2009 (lire l'encadré). "Après l'éclatement de la bulle financière, en 1991, les entreprises ont réduit leur personnel, explique Ogura. Elles sont toujours sous pression pour diminuer les coûts salariaux." Le taux de chômage, qui était de 2% en 1989, a dépassé 5% au début des années 2000. Et la croissance économique constatée entre 2002 et les derniers mois de 2007 n'a rien changé sur ce plan. Shiro Suzuki*, 55 ans, a subi ces évolutions. Ancien chef d'entreprise ruiné, devenu ensuite un cadre commercial sous pression, aujourd'hui au bout du rouleau, il a adhéré en janvier au Parti. A 23 ans, Tsuyoshi Kanai, ex-prêtre shinto, a fait de même en octobre 2008, après avoir découvert par hasard son site Web. Auparavant, il avait vu sur la Toile une vidéo, très populaire, où Kazuo Shii, président du Parti, dénonçait "l'exploitation des jeunes travailleurs": "J'ai compris que c'était le seul parti qui se soucie du peuple." Pour le sociologue Masahiro Yamada, "ces précaires ont perdu tout espoir d'améliorer leur quotidien et ont besoin d'exprimer leur malaise". Certains s'identifient aux personnages révoltés de Kanikosen. S'engager au PC, omniprésent dans la défense des précaires, leur semble aller de soi. Le Parti bénéficie aussi d'un ancrage original. Dès les années 1960, il a choisi de suivre sa propre voie, prenant de la distance avec ses homologues soviétique et chinois, au point de se réjouir, au début des années 1990, de l'effondrement de l'URSS. La formation est même traversée par les tendances nationalistes. Elle rejette l'alliance nippo-américaine, mais défend, contre Moscou, les revendications de Tokyo sur les îles Kouriles.
Une rhétorique adoucie...
Depuis 2004, par ailleurs, la rhétorique s'est adoucie. Les appels à la "révolution socialiste" ont cédé la place aux simples demandes de "réformes démocratiques". Le PC japonais se veut responsable. Il refuse les subventions publiques et rejette les offres d'alliance avec les grands partis. Ses dirigeants sont de tous les combats pour la défense des précaires. Kazuo Shii a fait une intervention remarquée au Toshikoshi Haken Mura, le "village des intérimaires pour passer l'année", dressé par des travailleurs sociaux le 31 décembre au cœur de Tokyo pour aider les nouveaux chômeurs. Même l'empereur n'a plus à s'inquiéter pour son trône. Les communistes sont prêts à le tolérer s'ils arrivent au pouvoir. Fini, le temps où le Parti faisait figure de formation antidémocratique et déstabilisatrice! Aujourd'hui, rien n'empêche Shii d'apparaître sur les très conventionnelles chaînes de télévision commerciales. Invité par Asahi Telebi en juin 2008, il se livre à une leçon de choses fondée sur Marx et Engels, évoquant l'excès de crédit, facteur d'excès de spéculation. Cela ne choque plus. Succès médiatique, succès populaire... Ne manque que le succès électoral. En 2005, le PCJ avait obtenu 7,3 % des suffrages et neuf élus à la Chambre basse. Cette année, l'impopularité du Premier ministre, Taro Aso, laisse présager une lourde défaite du camp conservateur. Au profit de qui? Le verdict tombera lors des prochaines élections législatives. En septembre, au plus tard.
Un ralentissement brutal
Le succès croissant du PC japonais auprès des jeunes s'explique en partie par les effets de la crise. En décembre 2008, le chômage a augmenté de 0,5 point, atteignant 4,4 % de la population active. Une progression d'un niveau jamais observé depuis quarante-deux ans. Hisashi Yamada, économiste de l'Institut japonais de recherche, estime que, si le produit intérieur brut (PIB) recule de 1 %, "le nombre de chômeurs pourrait augmenter de 1,5 million d'ici à 2010 et le taux de chômage atteindre 6 %". Or la Banque du Japon prévoit une contraction de 2 % du PIB en 2009."

* Les noms ont été changé

Philippe Mesmer de l'Express

lundi 2 mars 2009

Forte hausse du chômage en Europe

Eurostat, l’office européen des statistiques, a publié récemment les chiffres du chômage de l’Union européenne.

En janvier, le nombre de chômeurs dans les vingt-sept pays de l’UE a augmenté de 386 000, pour atteindre 7,6 % de la population active. En comparaison, en janvier 2008, le taux de chômage de l’UE était de 6,8 %. Soit deux millions de chômeurs en plus, dont plus de 1,6 million pour la seule zone euro.

Les économies de l’UE résistent plus ou moins bien. Avec 14,8 % de chômeurs, l’Espagne est le pays le plus touché par la hausse du chômage (+ 200 000 personnes en janvier), suivie par la Lettonie (12,3 %, contre 6,2 % en janvier 2008). Dans une moindre mesure, les autres pays européens enregistrent en janvier une augmentation des demandeurs d’emploi : + 33 000 en Autriche (4,0 %), + 56 000 en Allemagne (8,3 %), + 44 000 en Suède (7,3 %).

En ce qui concerne la France, le taux de chômage devrait passer, selon les experts d’Eurostat, de 7,8 % en 2008 à 9,8 % en 2009 et 10,6 % en 2010.

Les prévisions pour les mois à venir ne sont pas optimistes. Avec une récession qui ne cesse de s’aggraver (Bruxelles table sur une croissance négative de 1,8 % en 2009), l’UE devrait perdre 3,5 millions d’emplois dans l’année à venir.

Le taux de chômage devrait donc passer, en 2010, au-dessus de la barre des 10 % pour la première fois depuis 1998.

Site Huma

Brigade anti- vieux 2