jeudi 7 avril 2011

Le Front de Gauche soutient les grévistes du Grand Stade.

GRAND STADE
Les grévistes durcissent le mouvement
Publié le jeudi 07 avril 2011 à 06h00 - MARIG DOUCY > marig.doucy@nordeclair.fr

Hier encore, les compagnons d'Eiffage TP et Eiffage Construction ont bloqué le chantier du Grand Stade.

Demain, 14 grévistes d'Eiffage travaillant sur le chantier du Grand Stade sont assignés devant le tribunal de grande instance de Lille. Les syndicats appellent à un rassemblement et à la poursuite de la grève.



Septième jour de grève. Et certainement pas le dernier. Les grévistes du chantier du Grand Stade, salariés cliquez sur la date pour lire la suite
d'Eiffage Construction et Eiffage TP, tiennent le cap. « On ne va pas arrêter maintenant, sinon ça n'aura servi à rien ! », lance un compagnon à l'entrée sud du site de la Borne de l'Espoir à Villeneuve d'Ascq. Ils seraient près de 500 à avoir cessé le travail. Et à bloquer totalement l'avancée du chantier, intérimaires et sous-traitants étant contraints à l'inactivité. « Les intérimaires viennent quand même pointer, explique un délégué syndical. Mais c'est aussi pour eux qu'on se bat. À qualifications égales, ils toucheront les mêmes salaires et les mêmes augmentations ! » L'augmentation dont il s'agit, c'est 85 euros mensuels nets. « Un temps, nous avons accepté que ce soit 85 E bruts afin de faire avancer les négociations mais vu la position de la direction, nous maintenons 85 E nets », poursuit le délégué. Ils réclament également, toujours dans le cadre des négociations salariales annuelles, la revalorisation des indemnités de petits déplacements, de transport, de panier...
Leurs arguments ? L'imposant chiffre d'affaires du groupe Eiffage : 13,33 milliards d'euros en 2010, soit une hausse de 0,7 % par rapport à 2009, selon la CGT. Et des bénéfices en progression. La direction pourrait leur rétorquer qu'ils sont actionnaires d'Eiffage et que, donc, ils profitent de cette manne.



« Nous ne sommes pas tous actionnaires, seulement 78 % le sont ! Et puis on ne partage pas les orientations sociales de l'entreprise ! Nous n'avons aucun pouvoir de décision », nuance un délégué syndical.
Et à ceux qui insinueraient qu'ils sont déjà bien payés, la réponse fuse : « En moyenne, un salarié qualifié touche 2 000 E par mois plus un 13e mois. Et des indemnités de déplacements. » Qui varient selon l'éloignement du domicile. « Pour un grand déplacement, qui nous oblige à louer un appartement et à prendre des abonnements, on touche moins de 1 200 E ! On doit taper dans le salaire pour compenser ! », regrette un ouvrier.
Alors la proposition de la direction, les ouvriers la refusent. Les négociations sont interrompues depuis lundi. « Une augmentation de 1,7 %, éventuellement revalorisée de 0,9 % à la tête du client, on n'en veut pas ! », proteste un gréviste.
Passage des huissiers
deux fois par jour
Et sur ce point, l'intersyndicale se serre les coudes. CGT, CFDT, CFTC, FO et la CGC restent solidaires. « Le mouvement a ressoudé les liens entre les ouvriers », estime un délégué syndical. Évidemment, les longues journées à tuer favorisent les échanges. Dans la matinée, des compagnons passent entre les groupes essaimés sur les 27 ha et collectent l'argent pour le barbecue du midi. Chaque jour, une assemblée générale rassemble les troupes. « Sinon, on ne voit personne à part les huissiers deux fois par jour, le matin et l'après-midi, au moment des prises de poste. Ils constatent le blocage du chantier. » Seule, hier, la visite de représentants du Front de gauche a brisé la monotonie.
Un train-train qui devrait se poursuivre ce matin. « Mais certains durcissent le ton et parlent de rester à l'extérieur, pour être plus visibles » , avance un compagnon. Demain, en revanche, un appel au rassemblement a été lancé par les syndicats. Quatorze grévistes - dont des salariés non protégés - sont assignés devant le tribunal de grande instance de Lille pour « blocage du site et entrave à la libre circulation des personnes » . Les ouvriers ne semblent guère intimidés. « Ça se passe toujours comme ça quand il y a des grèves... » Le rendez-vous est fixé à 9 h 15 devant le TGI.
Un regret ? « Que Martine (Aubry, présidente de LMCU, ndlr) ne soit pas venue se rendre compte par elle-même. » Car le grand partenaire d'Eiffage pour le Grand Stade, c'est la communauté urbaine. Unis par les liens du PPP.w

Brigade anti- vieux 2